Histoire de BMW : des moteurs d'avion aux SUV électriques

Un siècle de constructeur premium bavarois, des moteurs d'avion aux gammes M et i électriques

Bayerische Motoren Werke — manufactures bavaroises de moteurs : derrière l'acronyme se cache un constructeur né dans l'aviation et devenu, en un siècle, l'une des références mondiales du segment premium. De Munich aux circuits, des roadsters aux SUV électriques, retour sur l'histoire d'une firme dont le logo bleu et blanc évoque toujours la rotation d'une hélice.

Des origines aéronautiques

L'entreprise est officiellement constituée en 1916, à Munich, par la fusion de plusieurs ateliers spécialisés dans la mécanique aéronautique. Sa première activité consiste à produire des moteurs d'avion pour l'armée allemande pendant la Première Guerre mondiale. Le célèbre logo circulaire, longtemps interprété comme une hélice stylisée, reprend en réalité les couleurs du drapeau bavarois : bleu et blanc.

Le traité de Versailles interdisant la production aéronautique militaire, la firme se reconvertit dans les années 1920 vers les moteurs industriels, puis les motocyclettes. La R32, présentée en 1923, inaugure une lignée de motos qui deviendra une signature industrielle durable, et qui se prolonge jusqu'à aujourd'hui via la division BMW Motorrad.

Les premières automobiles

L'arrivée dans l'automobile date de 1928, avec le rachat de l'usine d'Eisenach et de la licence de fabrication de l'Austin Seven, vendue sous le nom Dixi 3/15. Ce premier modèle pose les bases d'une production automobile qui se développera lentement avant la Seconde Guerre mondiale, avec des berlines et coupés sportifs comme la 328, victorieuse aux Mille Miglia 1940.

La reconstruction d'après-guerre est difficile : l'usine principale est endommagée, celle d'Eisenach passe sous contrôle est-allemand. Les années 1950 voient le constructeur flirter avec la faillite avant le rebond porté par les berlines compactes et la microvoiture Isetta produite sous licence italienne. Le groupe Quandt, entré au capital en 1959, sauve durablement l'entreprise en injectant les fonds nécessaires au lancement de la « Neue Klasse ».

L'âge d'or des berlines sportives

La 1500, lancée en 1962, marque le tournant moderne du manufacturier munichois. Elle inaugure cette « Neue Klasse » et installe la firme sur le segment des berlines sportives compactes. La 2002 (1968) en est l'aboutissement et reste une référence pour les amateurs de mécanique allemande, notamment dans sa version 2002 turbo (1973), première berline turbocompressée européenne produite en série.

En 1975, la première Série 3 succède à la 2002 et lance la nomenclature numérique encore en usage aujourd'hui. La Série 5 (1972) et la Série 7 (1977) viennent compléter la gamme par le haut, suivies de la Série 6 (1976) sur le segment grand tourisme. La Série 3 est, depuis, la plus diffusée des berlines sportives premium en Europe, toutes générations confondues, et reste le modèle emblématique de la marque.

Performance et division M

La filiale Motorsport, fondée en 1972, donne naissance à des versions exclusives portées par la lettre M. La M3 (1986) et la M5 (1985) imposent une nouvelle référence dans la catégorie des berlines hautes performances. Côté motorisation, le V12 de la Série 7 (E32, 1987) est le premier de l'après-guerre produit par un constructeur allemand. La déclinaison roadster Z3 puis Z4 prolonge cette tradition sportive sous une carrosserie deux places, tandis que les coupés M4 et M2 entretiennent l'héritage compact à propulsion arrière.

Diversification et SUV

L'arrivée du BMW X5 en 2000 marque l'entrée du manufacturier sur le segment SUV, alors en pleine croissance aux États-Unis et favorisée par l'acquisition temporaire de Land Rover (1994-2000). La gamme X s'étoffe ensuite avec le X3 (2003), le X1 (2009), le X6 puis le X7. Aujourd'hui, ces modèles représentent une part majeure du volume de ventes mondial du groupe. Pour situer la cote d'un modèle d'occasion, vous pouvez consulter notre cote auto en ligne, ou parcourir notre catalogue de voitures d'occasion proposées par nos partenaires professionnels.

Engagement sportif

Au-delà de la division M, le constructeur a marqué la compétition à plusieurs époques : Formule 2 dès les années 1960, Formule 1 en partenariat avec Williams (2000-2005) puis brièvement avec Sauber, DTM avec de nombreux titres, victoires aux 24 Heures du Mans (1999) et aux 12 Heures de Sebring, et engagement actuel en Formule E avec l'écurie Andretti. La gamme M Performance prolonge ce savoir-faire dans la production de série, avec des modèles comme les M340i et M550i positionnés entre les versions standard et les déclinaisons M pures. Le palmarès en endurance et en GT compte plusieurs titres FIA WEC ainsi que des victoires de catégorie aux 24 Heures du Mans avec la BMW M Hybrid V8 engagée à partir de 2024.

Cap sur l'électrification

Précurseur avec l'i3 et l'i8 dès 2013, le groupe a accéléré récemment avec les iX, i4, i5 et i7, déclinaisons électriques de ses modèles phares. La stratégie « Neue Klasse » annoncée pour 2025 prévoit une nouvelle plateforme entièrement dédiée aux véhicules électriques, avec un objectif de réduction massive des coûts de batterie via les nouvelles cellules cylindriques et un rendement énergétique amélioré. Les analyses détaillées de cette transition sont régulièrement publiées par L'Argus et Le Figaro Automobile. Le site corporate du groupe regroupe l'historique officiel et les chiffres financiers consolidés.